Précédente

Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime

Dr François VIE LE SAGE

(Actualité publiée le 17/09/2017)

Suivante
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime
Articel des "Décodeurs" du Monde

Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime
Les bébés recevront-ils 76 doses en dix-huit mois ? L’aluminium est-il dangereux ? Les arguments
des opposants aux vaccins sont parfois entachés de contre-vérités.
LE MONDE | 11.07.2017 à 18h09 • Mis à jour le 12.07.2017 à 14h39 | Par Adrien Sénécat (/journaliste/adrien-senecat/)
Le gouvernement souhaite passer de trois à onze vaccins obligatoires pour la petite enfance à partir
de 2018. Les huit vaccins qui sont aujourd’hui simplement recommandés (/les-decodeurs/article/2015/06
/05/quels-sont-les-vaccins-obligatoires-et-recommandes_4648265_4355770.html) (contre la coqueluche, le virus de
l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, le pneumocoque, le méningocoque C et les virus
de la rougeole, des oreillons et de la rubéole) s’ajouteront donc à ceux contre la diphtérie, le tétanos
et la poliomyélite (DTP). La ministre de la santé Agnès Buzyn entend aller vite sur ce dossier, en
entérinant la mesure via une loi qu’elle veut voir examinée au Parlement dès l’automne (/sante/article
/2017/07/05/la-loi-pour-rendre-onze-vaccins-obligatoires-sera-examinee-avant-la-fin-de-l-annee_5156364_1651302.html) .
Il s’agit d’un choix majeur en termes de santé publique, qui fait donc légitimement débat. Est-ce la
bonne manière d’améliorer la couverture vaccinale en France ? Cette nouvelle obligation doit-elle
être temporaire ou permanente ? Faut-il considérer les vaccins comme un enjeu qui dépasse les
choix personnels (/sciences/article/2017/06/01/vaccins-science-ou-rumeurs-il-faut-choisir_5137277_1650684.html) , dans la
mesure où ils bénéficient à la population au-delà des seuls vaccinés ? Ou bien faut-il ouvrir la porte
à une clause d’exemption (/idees/article/2017/06/28/vaccins-l-obligation-n-est-pas-la-solution_5152151_3232.html) pour les
parents hostiles à la vaccination, quitte à conditionner ce droit au fait qu’ils assument les possibles
responsabilités civiles de leur refus ?
Toutes ces questions existent et méritent une réflexion approfondie. Mais depuis l’annonce du
gouvernement, de nombreux argumentaires (pétitions, tribunes , témoignages…) qui circulent sur
internet et les réseaux sociaux diffusent de fausses informations sur la vaccination. Face à cette
propagande, quelques rappels s’imposent.
1. Onze vaccins, mais pas onze piqûres à chaque fois
CE QUE DIT LA RUMEUR
De nombreux opposants au passage à 11 vaccins obligatoires jouent sur les peurs en affirmant que
cela engendrait un nombre de piqûres démesuré. On lit notamment dans une pétition du site
santenatureinnovation.com (qui diffuse parfois des informations exagérées ou dépourvues de
sources, comme nous l’avons mentionné dans le Décodex (/verification/source/sante-nature-innovation/) )
qu’« avec onze vaccins, ce sont 25 à 40 doses » administrées à un enfant avant ses 18 mois, en
comptant les vaccins et les rappels. Alors que les trois vaccins obligatoires aujourd’hui représentent
déjà « 9 doses » et que « rien qu’avec ça, il faut voir comme une mère tremble en voyant le médecin
piquer son nouveau-né ».
L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, va encore plus loin en écrivant dans une tribune
(https://reporterre.net/Obligation-vaccinale-la-guerre-est-declaree) sur le site Reporterre que « le calendrier des 11
obligations vaccinales envisagées représenterait pas moins de 76 immunisations avant l’âge de 18
mois ! »
POURQUOI C’EST FAUX
Cette rhétorique, régulièrement reprise dans des messages de propagande antivaccination (/lesdecodeurs/
article/2016/12/23/les-mensonges-d-une-video-antivaccins-qui-circule-sur-facebook_5053297_4355770.html) , vise à faire
croire qu’il faudrait administrer des dizaines de piqûres à un enfant pour qu’il soit à jour de ses
vaccinations. Elle est pourtant largement exagérée. En effet, ce discours occulte le fait qu’une même
piqûre regroupe plusieurs vaccins. Ainsi, pour reprendre la liste des vaccins qu’il est question de
rendre obligatoire, quatre types d’injections peuvent suffire :
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
1 sur 7 12/07/2017 15:40
l’hexavalent (contre six maladies), qui inclut les trois vaccins jusqu’ici obligatoires (diphtérie,
tétanos et poliomyélite, regroupés sous l’étiquette DTP) ainsi que la coqueluche, l’Haemophilus
influenzae de type B et l’hépatite B ;
le ROR (contre trois maladies), qui protège contre la rougeole, les oreillons et la rubéole ;
le vaccin contre le pneumocoque ;
le vaccin contre les infections à méningocoque de type C.
Si l’on suit le calendrier officiel des vaccinations (http://inpes.santepubliquefrance.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1175.pdf)
, deux de ces quatre injections doivent être administrés deux fois avant 18 mois, les deux autres
trois fois. Soit, au total, dix piqûres entre la naissance et les 18 mois de l’enfant. Elles permettent
d’administrer au total 31 doses de vaccins à ce dernier, et pas 76 comme semblait l’affirmer Michèle
Rivasi. Contactée mardi 12 juillet, l’eurodéputée nous a répondu qu’elle n’était pas à l’origine de ce
chiffre et n’a pas pu nous en confirmer la source.
Mercredi 13 juillet, son entourage nous a recontacté pour nous préciser que ce chiffre correspondrait
en réalité au nombre d’antigènes présents dans les vaccins, multiplié par le nombre de rappels et
serait cité dans un ouvrage à paraître .
Mais comme le notait en 2016 le rapport de la concertation citoyenne sur la vaccination
(http://concertation-vaccination.fr/wp-content/uploads/2016/11/Rapport-de-la-concertation-citoyenne-sur-la-vaccination.pdf#page=9)
(réalisé par un comité indépendant de seize personnes représentant la société civile, des
professionnels de santé, des chercheurs en sciences humaines et sociales), les vaccins non vivants
actuellement administrés aux jeunes enfants comme l’hexavalent « comportent un total d’environ
170 molécules antigéniques contre environ 3 000 dans les vaccins utilisés dans les années
1970-1980 ».
En réalité, les « vieux » vaccins protégeaient donc contre moins de maladie avec plus de 15 fois
plus de molécules antigéniques. Parler de « 76 immunisations » comme un chiffre impressionnant,
voire dangereux, est donc pour le moins trompeur.
2. La majorité des enfants est déjà concernée par ces 11 vaccins
CE QUE DIT LA RUMEUR
De pétitions en tribunes hostiles à la vaccination, l’exagération du nombre de piqûres et de vaccins
conduit souvent à un deuxième argument : les effets d’une telle politique de vaccination seraient
inconnus. « Personne, à ce jour, n’a étudié les risques d’injecter autant de vaccins en si peu de
temps », lit-on notamment dans la pétition du site santenatureinnovation.com.
POURQUOI C’EST FAUX
Passer de trois à onze vaccins obligatoires n’a pourtant rien d’un saut dans l’inconnu. En réalité, les
INPES
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
2 sur 7 12/07/2017 15:40
huit nouveaux vaccins que le gouvernement souhaite rendre obligatoire sont déjà des vaccins
recommandés (/les-decodeurs/article/2015/06/05/quels-sont-les-vaccins-obligatoires-et-recommandes_4648265_4355770.html) .
Ces derniers, y compris ceux qui sont administrés dans des injections séparées des vaccins
obligatoires et à des temporalités différentes, comme le ROR, concernent 70 %, voire 80 % ou 90 %
des enfants de deux ans.
Là où certains opposants à la vaccination agitent le fantasme d’une forme de saut dans l’inconnu, il
faut donc rappeler que la plupart des futurs vaccins « obligatoires » sont déjà une réalité pour la
grande majorité des Français. Au moins 70 % des enfants reçoivent au moins 8 injections, selon le
ministère (/sante/article/2017/07/05/la-loi-pour-rendre-onze-vaccins-obligatoires-sera-examinee-avant-la-finde-
l-annee_5156364_1651302.html) .
Il est également erroné de présenter les vaccins combinés comme l’hexavalent comme étant des
agents beaucoup moins neutres pour l’organisme que les vaccins traditionnels. Comme expliqué
ci-dessus, les « vieux » vaccins protégeaient contre moins de maladie avec plus de 15 fois plus de
molécules antigéniques.
Enfin, aucune étude n’accrédite l’hypothèse selon laquelle les vaccins combinés seraient moins
sûrs.
3. Un bébé n’est pas « trop fragile » pour supporter des vaccins
CE QUE DIT LA RUMEUR
Autre argument, développé notamment par la pétition de santenatureinnovation.com : un bébé
disposerait d’un « système immunitaire immature », trop fragile pour encaisser les vaccins. La
vaccination les exposerait donc à un danger, alors que « le système immunitaire du bébé n’est pas
achevé ». Le site d’extrême droite breizh-info.com, qui diffuse régulièrement de fausses informations
(/verification/source/breizh-info/) , est sur la même ligne, écrivant que la vaccination n’est pas appropriée pour
les bébés, « dont le système immunitaire est, par définition en construction, donc par définition
instable ».
POURQUOI C’EST FAUX
Ici, l’argumentaire antivaccination joue d’un argument pour le moins fallacieux. D’abord, il faut battre
en brèche l’idée selon laquelle les nouveau-nés ne seraient pas exposés aux maladies en l’absence
de vaccinations. Au contraire, ils sont expos és naturellement à des milliers de milliards de bactéries
dès la naissance. Heureusement pour eux, ils disposent de ressources immunitaires pour lutter
contre.
Différentes études scientifiques se sont donc intéressées au poids des vaccins sur l’immunité des
enfants : mobilisent-ils ou non une grande partie des défenses de l’enfant ? Non, concluent les
experts : une étude américaine publiée en 2002 (http://pediatrics.aappublications.org/content/109/1/124) a montré
que les vaccins ne mobilisent pas plus d’un lymphocyte (nos cellules immunitaires) sur 10 000 chez
l’enfant. Ce qui veut dire , selon eux, qu’un enfant aurait en théorie les ressources pour répondre
correctement à 10 000 vaccins à la fois.
Loin de « fatiguer » le système immunitaire du nourrisson, les différentes études réalisées à ce
sujet, dont une étude allemande de 2000 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11023764) , montrent au contraire
que les enfants vaccinés ont de meilleures défenses que les enfants non vaccinés, y compris contre
des infections sans lien avec les vaccins.
A l’inverse, les très jeunes enfants sont beaucoup plus vulnérables aux maladies contre lesquelles
les vaccins protègent, comme la diphtérie, la coqueluche ou les méningites bactériennes. Toutes ces
maladies, particulièrement contagieuses, peuvent frapper dès la naissance, y compris en cas
d’allaitement prolongé. Là aussi, les études concluent que retarder la vaccination expose à ces
risques, sans bénéfice pour la santé de l’enfant (/les-decodeurs/article/2016/09/16/idee-recue-n-3-les-bebeset-
prematures-sont-trop-fragiles-pour-recevoir-des-vaccins_4998659_4355770.html) .
D’une manière globale, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime (http://www.who.int/mediacentre
/factsheets/fs378/fr/) que « la vaccination permet d’éviter chaque année 2 à 3 millions de décès dus à la
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
3 sur 7 12/07/2017 15:40
diphtérie, au tétanos, à la coqueluche et à la rougeole. On pourrait sauver 1,5 million de vies
supplémentaires en améliorant la couverture mondiale de la vaccination. »
4. L’hépatite B n’est pas seulement une maladie sexuellement
transmissible
CE QUE DIT LA RUMEUR
L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi affirme dans sa tribune sur le site Reporterre que vacciner
les enfants contre l’hépatite B n’aurait aucun sens, puisqu’il s’agirait « d’une maladie sexuellement
transmissible ». La campagne de vaccination aurait par ailleurs provoqué « plus d’un millier de cas
de scléroses en plaques ».
POURQUOI C’EST FAUX
Le virus de l’hépatite B se transmet par le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. En tête des
risques de contamination, on trouve donc logiquement les rapports sexuels non protégés, les
piqûres avec des seringues contaminées par exemple entre usagers de drogue, etc.
Mais cela ne veut pas dire que vacciner des nourrissons contre l’hépatite B est inutile. D’abord, des
risques de contamination, certes moins fréquents, existent par transmission au sein de l’entourage,
par exemple par l’intermédiaire de petites plaies, d’objets de toilettes piquants ou coupants (ciseaux,
coupe-ongles, brosses à dents…). Dans 30 % des cas, en France, le mode de contamination reste
inconnu (http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/hepatites/hepatite-B.asp) , note santepubliquefrance.fr. Le fait
de vacciner les enfants tôt permet donc de les protéger contre ces risques de contamination précoce
et sans injection supplémentaire, via le vaccin combiné hexavalent.
Enfin, contrairement à ce qu’affirme par ailleurs l’eurodéputée, les nombreuses études réalisées sur
le sujet n’ont jamais fait apparaître de lien de causalité (http://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/hepatitisb
/multiple_sclerosis/Jun_2002/fr/) entre l’apparition de la sclérose en plaques et la vaccination contre l’hépatite
B.
5. La supposée nocivité de l’aluminium vaccinal n’est pas
prouvée
CE QUE DIT LA RUMEUR
Le professeur Henri Joyeux, médecin opposant de longue date à la vaccination (/verification/source/le-sitedu-
professeur-henri-joyeux/) , affirme dans une lettre ouverte au président de la République et à la ministre
de la santé que « la nocivité » de l’aluminium vaccinal « est démontrée ». Un argument qu’on
retrouve également, par exemple, dans la pétition de l’Institut pour la protection de la santé
naturelle, qui réclame des vaccins sans aluminium.
POURQUOI C’EST FAUX
L’hydroxyde d’aluminium est utilisé comme adjuvant dans de nombreux vaccins, pour stimuler la
réponse immunitaire de l’organisme. Ce procédé améliore l’efficacité des vaccins, en particulier
lorsqu’ils sont dits « inactivés », c’est-à-dire qu’ils utilisent des agents infectieux morts. L’utilisation
de ce type de procédés a contribué à réduire le nombre de molécules antigéniques dans les vaccins.
D’après les études menées sur le sujet, aucun lien de causalité n’a été établi entre la présence
d’aluminium dans les vaccins et des troubles de la santé (/les-decodeurs/article/2016/09/16/idee-recue-n-5-laluminium-
contenu-dans-les-vaccins-peut-etre-dangereux-pour-la-sante_4998645_4355770.html) .
De manière générale, les sels d’aluminium, largement utilisés dans les vaccins depuis les années
1920 sont jugés efficaces et sont très bien tolérés par l’organisme.
Ces éléments ne suffisent ni à clore les débats et les recherches tout à fait légitimes sur ce sujet. Il
s’agit simplement ici de rappeler qu’il est malhonnête de retourner ces questionnements pour
discréditer les vaccins dans leur ensemble, particulièrement lorsque l’on en occulte par ailleurs les
avantages avérés en termes de santé publique.
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
4 sur 7 12/07/2017 15:40
6. Les parents qui refusent la vaccination iront-ils en prison ?
CE QUE DIT LA RUMEUR
Plusieurs textes qui circulent en ligne affirment que les parents qui refuseront la vaccination
obligatoire iront en prison. « Dans cinq mois, en France, vous aurez le choix entre injecter 11
supervaccins chargés d’aluminium à votre enfant, ou aller vous -même en prison », lit-on notamment
sur santenatureinnovation.com.
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
En théorie, les parents qui ne vaccinent pas leurs enfants sont tout à fait passibles de poursuites.
L’article L3116-4 du code de la santé publique p (https://www.legifrance.gouv.fr
/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006072665&idArticle=LEGIARTI000006687829&dateTexte=&categorieLien=cid) récise
que « le refus de se soumettre ou de soumettre ceux sur lesquels on exerce l’autorité parentale ou
dont on assure la tutelle aux obligations de vaccination (…) sont punis de six mois
d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. »
Dans les faits, cette loi est très rarement appliquée (http://abonnes.lemonde.fr/police-justice/article/2016/01/07/refusde-
vaccination-des-parents-condamnes-a-de-la-prison-avec-sursis_4843487_1653578.html) . Invitée de RTL (https://twitter.com
/RTLFrance/status/882842863771451392) le 6 juillet, la ministre de la santé Agnès Buzyn s’est dite hostile à
l’idée de poursuivre les parents qui ne se plieraient pas à l’obligation vaccinale. Elle a également
indiqué réfléchir à la mise en place d’une « clause d’exemption » (différente de la clause de contreindication
médicale exceptionnelle) pour les parents hostiles à la vaccination.
Le Comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, qui a préconisé cette mesure
(https://twitter.com/RTLFrance/status/882842863771451392) , la présentait ainsi :
« Après entretien avec le professionnel de santé exposant les conséquences
d’une telle décision, les parents s’engageront par écrit selon une procédure
formalisée à assumer les responsabilités civiles de leur refus incluant un risque
de non-admission de l’enfant en collectivité. Le refus sera porté sur le carnet
de vaccination. A tout moment, les parents pourront revenir sur cette
décision. »
Le gouvernement n’a pas encore tranché cette question.
7. L’obligation vaccinale n’est pas une exception française
CE QUE DIT LA RUMEUR
Certains opposants affirment, comme Michèle Rivasi, que « nos voisins (…) ont fait de la liberté
thérapeutique une véritable valeur sanitaire », laissant les parents libres de leur choix en matière de
vaccination. La France serait donc, selon certains, une exception avec sa législation qui rend des
vaccins obligatoires.
POURQUOI C’EST FAUX
Il existe en réalité des situations très variables d’un pays à l’autre, avec à chaque fois leurs
subtilités. Une chose est certaine : l’affirmation selon laquelle la France serait le seul pays à rendre
des vaccins obligatoires relève du mensonge.
Comme le relevait France Info en 2016 (http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/pas-d-obligation-vaccinaledans-
les-autres-pays-europeens_1773727.html) , déjà au sujet de propos tenus par Michèle Rivasi, une
comparaison européenne publiée en 2012 (http://www.eurosurveillance.org/images/dynamic/EE/V17N22/art20183.pdf)
notait que 15 pays avaient un système basé sur des recommandations contre 14 avec au moins une
obligation. Parmi ces derniers, on trouvait notamment l’Italie (qui vient par ailleurs d’adopter une
mesure visant à rendre douze vaccins obligatoires (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/vaccinationobligatoires-
amendes-exemptions-comment-font-les-autres-pays_1918720.html) ), la Grèce ainsi que plusieurs pays de
l’Est.
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
5 sur 7 12/07/2017 15:40
Malgré l’absence d’obligation vaccinale, l’Allemagne impose depuis peu (http://sante.lefigaro.fr/article/italieet-
allemagne-en-lutte-contre-les-antivaccins-) aux parents une consultation médicale dédiée à la vaccination pour
pouvoir inscrire un enfant à l’école. Ceux qui s’y soustraient peuvent être condamnés à une amende
de 2 500 euros. Un choix motivé par les récentes épidémies de rougeole dans le pays.
8. Un cadeau pas si juteux pour les laboratoires
pharmaceutiques
CE QUE DIT LA RUMEUR
Certains textes qui circulent en ligne évoquent un cadeau de l’ordre de plusieurs centaines de
millions d’euros par an pour les laboratoires pharmaceutiques, signe que le gouvernement serait à la
solde des lobbies.
POURQUOI C’EST FAUX
En réalité, le passage de trois à onze vaccins obligatoires est loin de représenter une aubaine
financière pour les laboratoires. Le ministère de la santé estime que l’élargissement de la couverture
vaccinale coûtera entre 10 et 20 millions d’euros à l’Assurance-maladie, qui prendra en charge les
nouveaux vaccins obligatoires à 65 % (le reste étant à la charge des mutuelles) en atteignant une
couverture de 95 % de la population pour les onze vaccins.
Au total, les nouveaux vaccins obligatoires représenteraient donc un coût d’environ 15 à 30 millions
d’euros par an. Ce calcul ne tient pas compte du fait que des hospitalisations et maladies pourront
être évitées grâce à la vaccination.
Certains opposants au passage à onze vaccins obligatoires ont pu se baser sur le rapport du Comité
d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination, qui citait une fourchette de 110 à 120
millions d’euros par an (plus d’une centaine de millions d’euros, mais pas plusieurs néanmoins...).
Sauf que ce chiffre ne correspondait pas au coût des huit nouveaux vaccins obligatoires. Il estimait
en réalité la prise en charge à 100 % des onze vaccins par la sécurité sociale, y compris ceux qui
étaient déjà vendus aujourd’hui.
A l’arrivée, les bénéfices que les laboratoires pharmaceutiques réaliseront (une fois déduits leurs
frais du chiffre d’affaires de 15 à 30 millions d’euros) se chiffreront plus en millions qu’en centaines
de millions d’euros.
D’autres questions sur les vaccins ? Contactez la rédaction
Vous avez vu circuler d’autres rumeurs au sujet de la vaccination et vous vous interrogez ?
N’hésitez pas à nous les transmettre en nous contactant par e-mail à l’adresse
decodex@lemonde.fr. Nous vous répondrons.
Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils développés par Les Décodeurs pour vous aider à éviter les fausses
informations :
Fiable ou pas ? Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche
(cliquez ici pour y accéder) (/verification/) ;
Pour savoir en un coup d’oeil si vous êtes sur un site fiable ou pas, installez notre
extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) (https://chrome.google.com/webstore/detail
/decodex/kbpkclapffgmndlaifaaalgkaagkfdod) et Firefox (à télécharger ici) (https://addons.mozilla.org/fr/firefox
/addon/lemonde-decodex/) ;
Vous voulez apprendre à vérifier l’info en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les
fausses informations (/les-decodeurs/article/2017/02/03/decodex-notre-kit-pour-verifier-l-information-a-destinationdes-
enseignants-et-des-autres_5074257_4355770.html) ;
Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y
accéder (https://m.me/lesdecodeurs) ).
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
6 sur 7 12/07/2017 15:40
Mise à jour, 12 juillet 2017 : ajout de précisions sur le chiffre de « 76 immunisations » cité par
Michèle Rivasi.
Correction, 12 juillet 2017 : 10 injections avant 18 mois suffisent pour qu’un enfant soit à jour des 11
vaccins dont il est question dans cet article et pas 11 comme écrit précédemment.
Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/07/11/antivaccins-des...
7 sur 7 12/07/2017 15:40